Rappel de l'affaire : en mars dernier, Olivier Martinez a assigné pour atteinte à la vie privée plusieurs agrégateurs de sites, dont
Fuzz.fr, en raison de la publication d'un article traitant de la vie personnelle de l'acteur. La condamnation d'Eric Dupin, créateur de Fuzz, a déclenché un raz de marée dans la blogosphère française, qui s'est mobilisée contre Olivier Martinez, notamment dans une campagne "J'aime pas Olivier Martinez". Vendredi dernier, la Cour d'appel de Paris a relaxé Eric Dupin.
La blogosphère applaudit le jugement. Quant à Olivier Martinez son image a été écornée pour longtemps et son action se révèle contre-productive, comme le démontre parfaitement
l'enquête du blog bienbienbien
L'affaire fait même aujourd'hui partie intégrante de
la bio de l'acteur sur Wikipédia
Nous avons déjà évoqué la nécessaire prise en considération des
risques médiatiques dans le domaine juridique ; la relation justice / médias a toujours été sensible, mais cette affaire démontre combien, à l'heure du web 2.0, le risque s'est étendu et amplifié.
Nous vivons aujourd'hui dans un "tout-communication", puisque tout le monde peut s'exprimer, à tout instant, gratuitement, facilement. L'importance de l'image et les risques liés sont ainsi démultipliés. Le web 2.0 dispose d'armes d'influence redoutables et, tandis que l'indépendance des médias traditionnels est constamment mis en doute, les internautes bénéficient de la confiance naturelle de l'opinion.
A l'heure de la dématérialisation et du collaboratif, l'image est même passée à un niveau supérieur, devenant "identité numérique". Et l'action juridiciaire peut peser très lourd sur cette identité.
Sans même évoquer le bienfondé ou non de l'action, on ne peut que déplorer que le conseil d'Olivier Martinez dans cette affaire n'ait pas pris en considération ces risques avant d'engager une action aussi dévastatrice pour les intérêts de son client. Enfin, nous pourrions en débattre pendant des heures...