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La Banque Postale à la conquête du marché des entreprises

La filiale de La Poste renforce ses prêts aux entreprises quelle que soit leur taille.

Elle a lancé des premiers financements en dollars en 2016 et veut continuer d’étoffer ses expertises.

Surtout ne leur parlez pas de « BFI » – pour banque de financement et d’investissement. « Nous sommes une banque publique qui a vocation à servir les entreprises en France. Notre objet n’est pas de faire des opérations financières sur les marchés, de financer des projets purement à l’étranger ou de faire du conseil en fusion et acquisition », rappelle Serge Bayard, directeur des entreprises et du développement des territoires à La Banque Postale. Cela n’empêche pas à l’établissement, alors que la conjoncture de taux ne relâche pas la pression sur ses activités de détail, de grandir sur le marché des grands corporate.

« Nous avons une très forte progression de nos crédits auprès des entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 milliard d’euros. A fin juin, notre activité est du même niveau que celle réalisée pour toute l’année 2015 », précise Serge Bayard. Dans quels domaines ? Entre autres, financement d’avions pour des compagnies aériennes, de centres commerciaux, de rachats d’entreprise… Et la banque muscle peu à peu ses expertises pour monter en puissance. Elle a lancé cette année ses premiers financements en dollars pour participer à des crédits syndiqués sur des projets d’infrastructures. Sur le front de l’immobilier, elle démarre aussi le financement de promotions. Des projets qui vont l’obliger à agrandir ses équipes : les 5 personnes qui s’occupent aujourd’hui de ses financements de projet devraient être au nombre de 18 en 2017.

Marché stratégique

Le marché des entreprises apparaît d’autant plus stratégique que « nous allons continuer d’accompagner le secteur public, mais la demande devrait rester contrainte par la baisse des dotations publiques. Notre marge de croissance dans les cinq ans qui viennent sera sur les entreprises, quelle que soit leur taille », explique Serge Bayard.

La banque pousse d’ailleurs aussi ses feux sur les clients professionnels qui fréquentent déjà les bureaux de poste pour y déposer du courrier ou des colis. Lancée il y a dix-huit mois, la formation de conseillers dédiés aux professionnels commence à porter ses fruits. Toujours classée en queue de peloton, derrière Crédit Agricole, Banque Populaire, Crédit Mutuel, BNP Paribas ou Société Générale, dans une étude de marché qui fait référence dans le secteur, La Banque Postale a toutefois gagné 1 % de part de marché en dix-huit mois. Elle revendique désormais un taux de pénétration du marché des professionnels de 6 %.

Logiquement, 75 % de ses nouveaux clients étaient déjà clients de La Poste. Parmi eux, il y a aussi un peu plus de commerçants que dans les autres banques. Mais « les professionnels qui nous rejoignent ont de bonnes cotations de crédit à la Banque de France », assure Franck Oniga, directeur du développement sur le marché des entreprises. Il faut dire que, depuis le lancement de son offensive vis-à-vis des professionnels et des TPE, La Banque Postale a reçu beaucoup de de demandes de clients qui s’étaient vu refuser leur demande de prêt chez des concurrents.

UNE ACTIVITÉ RÉCENTE POUR LA BANQUE

Lancée fin 2011, l’activité de prêts aux entreprises de La Banque Postale s’adresse aux grands comptes, aux ETI et aussi depuis plus récemment aux TPE et professionnels.

La banque veut convaincre une partie des 3 millions de clients professionnels de La Poste d’avoir recours à ses prêts.

A fin 2015, l’établissement revendique 16,5 milliards d’euros d’encours de crédit sur les personnes morales (secteur public local et entreprises).