AccueilFinance & BourseLa Bourse de Hong Kong va s’ouvrir aux sociétés françaises

La Bourse de Hong Kong va s’ouvrir aux sociétés françaises

La société Echosens devrait être la première à se coter sur la Bourse asiatique.

Après les Etats-Unis, Hong Kong pourrait bien être le nouvel eldorado pour les entreprises françaises cherchant à lever des fonds en Bourse. « Il s’agit d’un marché profond, avec des analystes et de grands investisseurs disposant de beaucoup d’argent à investir, explique Matthieu Grollemund, avocat associé chez Dechert. Il offre en outre, pour les sociétés en pointe dans leur secteur, des possibilités de valorisation supérieure à celle dont elles bénéficieraient en Europe. »

Malgré ces avantages, aucune société française n’est actuellement cotée à Hong Kong. Pour une raison simple : jusqu’à peu, ces avantages n’étaient pas accessibles à la plupart des acteurs européens. Le régulateur de Hong Kong n’acceptait que les dossiers des entreprises immatriculées dans une liste restreinte de pays (la Chine, mais également les Bermudes et les îles Caïmans) qui s’était élargie à l’Italie ou au Luxembourg.

C’est ainsi que L’Occitane et Samsonite, de par leur holding luxembourgeois, ont pu s’introduire avec succès sur la place asiatique. En 2014, toutefois, Hong Kong s’est plus largement ouverte aux entreprises étrangères. Un assouplissement qui a attiré Echosens, une société française non cotée avec un important actionnariat chinois. La société a créé un système de diagnostic par ultrasons pour les pathologies du foie, l’une des premières causes de mortalité en Asie. Elle a déposé son prospectus le 1er juillet dernier et devrait donc être le premier acteur hexagonal à solliciter les investisseurs, a priori en septembre.

Règles spécifiques

Une opération qui a nécessité dix-huit mois de travail à Echosens et ses avocats. « L’une des principales tâches a été d’adapter les statuts de la société française pour qu’ils coïncident avec les « listing rules », les exigences réglementaires hongkongaises, explique Matthieu Grollemund. Il a notamment fallu mettre en place une disposition permettant à un actionnaire qui détiendrait 90 % du capital de sortir les actionnaires minoritaires. » Des règles spécifiques concernant le délai (plus long à Hong Kong) de ­convocation des actionnaires, ou de mandats de vote conformes aux règles de CCASS, le dépositaire local, ont également dû être créées.

Cette première pourrait attirer d’autres entreprises, déjà cotées en France ou non, qui réalisent une part importante de leur activité – de l’ordre de 25 % à 30 % – en Asie. Dechert assure discuter dès à présent avec plusieurs sociétés susceptibles de tenter l’aventure.